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Monuments Historiques

Lundi 19 octobre 2009
Faisant suite à l'article Notre Dame de Lorette à Salers où nous retracions l'histoire de la chapelle de Maleprangère, nous pouvons regretter son architecture actuelle, un peu trop moderne et bétonnée pour le site.

Pour renforcer cette impression, nous avons voulu vous montrer un dessin représentant la chapeloune telle qu'elle était avant 1886 date de la dernière reconstruction :

Les maisons de droite et de gauche étant quasi-identiques aujourd'hui, ce dessin nous laisse un témoignage précieux et crédible de l'ancienne chapelle Notre Dame de Lorette. La tourelle rappelle celles de la place principale de Salers et possède un cachet incontestable.

Ce dessin a déjà été publié dans un ouvrage d'anciennes photos de Salers, sans titre, publié en l'an 2000, à 200 exemplaires (pas d'éditeur).
Par Isabelle Fernandez
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Lundi 5 octobre 2009

Jarriges sur l'actuelle D22 en direction de Tougouze, était  un fief possédé par la famille de JARRIGES. Les héritiers d'Etienne de JARRIGES vendirent en 1562 le domaine à François de CHALVET, seigneur de Fréluc.

Françoise de CHALVET sa fille unique, porta cette terre en dot à Jacques FAYE seigneur DESPESSES, président au Parlement de Paris. L’abbé de LAUGERON héritier des DESPESSES la vendit vers 1718 à Claude DESCHAMPS.

Saisie à Pierre FAYE DESCHAMPS, elle fut adjugée  aux enchères au Parlement de Paris le 20 juillet 1784. Le 28 septembre 1784 Alexis MABRA, président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Riom, demeurant à Clermont Ferrand, vint faire l’inventaire du bien qu’il avait empoché pour la somme de 70 250 livres.

Cet inventaire nous laisse une idée du domaine, alors en piteux état.

La cour du château de JARRIGES était fermée de murs en pierre sèche, sauf le devant.

Au rez de chaussée du château se trouvait la cuisine avec sa cheminée (et son fusil accroché au mur), un évier en souillarde, et un sol en pierre de taille. Les vitres des fenêtres étaient brisées.

 

La cuisine était naturellement prolongée par la salle à manger, les deux pièces étaient séparées par des murs intérieurs en torchis. La porte d'entrée principale du château débouchait sur un  vestibule d'où un escalier et sa rampe en bois de chêne montaient aux chambres. La salle à manger était suivie d'un salon.

Les contrevents étaient presque tous pourris comme le plancher des étages.

Au 1er étage, le vestibule était éclairé d'une fenêtre; à gauche une chambre était exactement au-dessus de la cuisine, elle comportait   2 fenêtres et une cheminée. A droite une autre chambre se trouvait au-dessus de la salle à manger,  elle avait aussi 2 fenêtres, une cheminée et une armoire dans l’épaisseur du mur.

 

S'ensuivait une autre chambre au dessus du salon, celle-ci avec 4 fenêtres et 1 cheminée.

Le même escalier menait au 2ème étage avec toujours une fenêtre ouverte sur le vestibule. A sa gauche : 1 chambre avec 2 fenêtres et une cheminée. A sa droite : 1 chambre avec 2 fenêtres et une cheminée, suivie d’un appartement avec 1 cheminée.

L’escalier poursuivait jusqu’au grenier qui faisait toute la largeur de la bâtisse et comportait 6 fenêtres.

Il est mentionné une tour à l'extérieur qui menaçait ruine.

La maison du fermier était attenante au château.

 

Il semblerait que l'actuelle maison de Jarriges corresponde à la description faite dans l'inventaire de 1784. Seule la tour a été ruinée.

 
Par Isabelle Fernandez
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Lundi 14 septembre 2009

La chapelle Notre Dame de Lorette  est située au quartier de Maleprangère. L’édifice actuel est la 3ème reconstruction datant de 1886. La première construction aurait eu lieu au XVème ou peut-être au XIVème siècle.

La légende veut qu’un chevalier croisé de Salers invoqua la protection de la Vierge lors d’une bataille en Terre Sainte. Une fois exaucé, il fit un pèlerinage à Loreto (Italie), d’où il ramena une statue de la Vierge. De retour à Salers, il fit bâtir un oratoire à Notre-Dame-de-Lorette. La tradition populaire peu paraitre romancée mais il est étonnant lors de la destruction du vieux sanctuaire d'avoir découvert un panneau d’autel représentant deux chevaliers croisant leurs épées.

 

En 1547 la chapelle dite "de Maleprangère" (et pas encore de Lorette) n'a pas de cloches mais G. Chalvet prévoit d'en placer.

Les habitants ne tardèrent pas à implorer la Vierge contre les épidémies ou la sécheresse, et son pèlerinage devint vite très populaire, au point qu’il fallut agrandir le sanctuaire. Mathieu CHALVET de Rochemonteix, président  de chambre au parlement de Toulouse, propriétaire du lieu, le vendit à Jacques CHALVET et Marguerite de RIGAL sa femme, qui firent réparer la chapelle. Tout comme Guy DUFAYET, seigneur du Fau en 1649. Bien plus tard M. de la RAFFINIE fit agrandir le porche et le portail. L’abbé CHABAU relate dans son ouvrage « Notre Dame de Lorette  à Salers » tous les miracles attribués à la Vierge : malades ou infirmes subitement guéris, sécheresse interrompue dès la fin de la procession alors qu’elle menaçait le pays de famine, épidémies stoppées…etc...

Les troubles de la Révolution conduiront à la destruction par le feu  de la Vierge noire miraculeuse (brûlée sur l’esplanade de Barrouze). Elle ne fut remplacée qu’en 1813.


En 1851 fut instituée la fête annuelle du dimanche de la Trinité, avec sa procession dans les rues pavoisées de Salers ornées de fleurs et d’oriflammes.


Décidée en 1882, la dernière reconstruction de l’édifice fut terminée en 1886.  

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 7 septembre 2009

Complètement oublié des guides locaux, le Château de la JORDANIE ou JOURDANIE, sis au quartier de Maleprangère à la sortie de Salers, sur la D680, en direction du col de Néronne, vaut pourtant le détour comme on peut le constater sur la photo.  Cette belle demeure, située près de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette,  est qualifiée de château depuis des temps forts anciens. Elle a été transformée il y a peu en chambres d’hôtes.


Son nom viendrait  de la Jordanne, la rivière du Cantal, prononcée Jourdanne en occitan.

On sait qu’en 1504 la demeure était la propriété d’un certain N. Labobe. En 1537, elle était passée dans les mains d’Antoine de CHALVET,  Seigneur de Rochemonteix. En 1582,  Mathieu CHALVET Président au Parlement de Toulouse, vendit cette propriété et la chapelle Notre-Dame-de-Lorette qui faisait partie du même fief, à Jacques CHALVET et Marguerite de RIGAL sa femme. Ceux-ci  revendirent le tout en 1593 à Guy DUFAYET, Seigneur du Fau.

Ce n’est qu’en 1664 que la famille RAFFIN de la RAFFINIE devint propriétaire du lieu, le 29 mars à l’occasion du mariage de noble Antoine de la RAFFINIE, Seigneur de l’Estang (fils de Guyon et de Engline Dufayet) et demoiselle Louise de MOSSIER (fille de Pierre de Mossier et Hélène de Durfort). Guy DUFAYET et sa femme Françoise de MOSSIER donnèrent tous leurs biens aux mariés. Les RAFFIN de la RAFFINIE  étaient originaires du Rouergue, et furent maintenus nobles le 10 novembre 1666. Après cette famille, se furent les Lacombe qui prirent en charge la bâtisse.

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 1 juin 2009

C'est une maison bourgeoise du XVIIème siècle avec sa façade dominée par une tour émergeant de la toiture. Ayant appartenu aux Bertrandy, une famille de magistrats, de prêtres mais surtout de gros négociants, ils possédaient également un immeuble sur la place de Salers.

Depuis le siècle dernier la maison Bertrandy est restée intacte extérieurement à l'exception de son escalier : son perron en pierre dont la balustrade forgée, heurtée maintes fois par les camions a cessé d'exister (voir photo).  On y pénètre par une porte ferrée avec des clous, le vantail en bois de la porte est protégé par inscription aux Monuments Historiques (arrêté du 29 juin 1951). La porte d'entrée est constituée d'un fronton triangulaire surmonté de boules placées aux angles. Au 2ème étage, la fenêtre de la façade placée à l'angle de la rue de la Martille éclaire une chambre forte où étaient gardés la trésorerie et les livres de comptes. Nous n'osons pas imaginer comment ont fini ces précieuses archives pour Salers !

 Dans les vastes caves, un réduit était spécialement aménagé comme grenier à sel





Sources :
-Monuments Historiques
-"L'écho de Notre Dame de Lorette"; Numéro 10; Novembre 1950; "Histoire d'une maison" par De La Martile.

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 23 mars 2009

La maison de La Ronade domine de toute sa hauteur la place Tyssandier d'Escous de Salers. Sise à l'angle de la rue des Nobles, sa base pourrait remonter au XIIIème siècle, ce qui en ferait l'édifice le plus ancien de Salers.

Elle a d'abord appartenu à la famille De Roquemaurel, avant de passer dans les mains des de La Ronade, auxquels elle appartient depuis le XIVème siècle. Ils en ont été privés quelques années pendant la Révolution française. Période agitée où Doña Marguerite de Tournier y Agullon veuve d'Antoine Ignace André de La Ronade, fut la seule femme du Cantal à être guillotinée à Aurillac le 4 Thermidor An II (24 juillet 1794), son portrait est visible dans la maison.

Famille d'épée et de robe, les de La Ronade de Salers ont eu le monopole de la lieutenance générale, civile et criminelle, du bailliage. Ils se transmirent la charge de l'origine de ce tribunal jusqu'à une dizaine d'années avant la Révolution.

 
A l'angle de la façade, une niche abrite une vierge à l'enfant sculptée en 1973 par François Germont et placée il y a peu dans son emplacement actuel.

A l'intérieur de la maison, le propriétaire M. Philippe Garrigue a réuni des collections diverses de livres anciens, de généalogies familiales, de coiffes, d'objets religieux, de tableaux de peintres auvergnats, de pièces de vaisselle, d'outils traditionnels ou de meubles anciens.

 

La tour se visite jusqu'au grenier et sa charpente en vaisseau renversé (XVème siècle). 

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 29 septembre 2008

Sur la route du Puy Mary, se trouve une grande bâtisse du XVIIIème siècle : L'ancienne Mission diocésaine de Clermont appelé maladroitement Hospice Pierre Lizet du nom de la famille de celui qui avait fait don d'une somme conséquente pour aider à l'ouverture d'un tel établissement  sous le Beffroi au XVIème siècle.

La bâtisse actuelle était initialement une « Mission » construite en 1734 sur décision de l'évêque de Clermont qui avait autorité sur l'Archiprêtré de Mauriac, pour loger les prêtres chargés de suppléer le clergé local souvent mal formé et peu instruit. La décision de lancer des Missions diocésaines de ce type fut prise à l'issue du Concile de Trente, ce fut la réponse théologique de l'Eglise à la Réforme protestante.

Sa chapelle est datée de 1767. La mission fut confisquée à la révolution, puis vendue en 1796, avant d'être rachetée au XIXème sicèle par le Père Murat. Elle évolua en école, pour finir en hospice pour personnes âgées depuis près de vingt ans désormais.

La mission a été fondée le 25 juillet 1674. Un acte du 11 septembre 1694 (3E267 385 aux ADC) nous apprend que la mission a été fondée par Jean de Courssolles prêtre et curé de Lugarde et feu Antoine Chevalier  (+ 1679) prêtre et docteur en théologie que l'on retrouve mentionné dans les archives des Luminiers de la paroisse. Ils avaient acheté le 14 septembre 1685 le pré du Muratel et ils avaient chargé Jean  Vergnes, maître maçon, d'extraire de la carrière d'Aursengoux « toute la taille nécessaire pour la construction de la maison de la mission ». La carrière d'Aursengoux, qui était prononcé Orsingou, puis Saint Gou, était vraisemblablement située près du pont de Saingoux sur la Maronne (sur la D35, pratiquement sous Barrouze, selon Jean Vezole dans la Revue de Haute Auvergne).

L'acte de 1694 voit  « Jean Lacombe prêtre docteur en théologie et missionnaire, chargé de la procuration de Pierre Foulioux aussi prêtre, docteur en théologie, curé de Ste Croix de l'église cathédrale de la ville de Clermont, Guillaume de la Barre vivant prêtre, docteur en théologie, curé de l'église paroissiale de St Ajudon dudit Clermont et Joseph Pons prêtre »  faire le décompte des pierres extraites par Jean Vergnes, lequel a tiré « 1400 quartiers, 120 marches ou lindars (NDR : lindar = linteau de porte) de croisières, outre 10 quartiers pour la maitresse porte et 60 quartiers ou alisements ( ?)  pour les portes ».

Le retard pris par la construction est dû au seigneur de Salers qui entama une procédure empechant la construction jusqu'en 1734. Jean Vergnes -maître maçon- décéda le 26 juillet 1719, il n'acheva donc pas le chantier commencé.

La chapelle ne fut bénie qu'en date du 13 juin 1771. La « façade de la chapelle », la « façade de la Mission», et « l'escalier en bois de l'hospice montant sur deux étages avec sa rampe » sont classés à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 29 juin 1951.

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 28 juillet 2008
Cette porte datée de 1657 et son vantail ont été inscrits à l'inventaire des monuments historiques le 29 juin 1951.

Cette maison, sise rue de la Martille, comporte une porte à linteau droit, surmontée par un fronton circulaire. Ce fronton mouluré est orné de denticules et repose sur deux pilastres par l'intermédiaire de chapiteaux. Le milieu du linteau est porteur d'un écusson plat en relief. La partie supérieure de l'écusson se prolonge jusqu'aux pilastres par deux minces baguettes d'où pendent des denticules. Dans le tympan, à la hauteur des chapiteaux, se trouvent d'autres éléments décoratifs. Au centre est un écusson portant le millésime 1657. Cet écusson est entouré circulairement par un mince cordon, était-ce la maison d'un cordonnier ? Nous savons qu'ils étaient nombreux à Salers à l'époque. Ou doit-on y voir une allusion aux « cordeliers » ces moines franciscains, surnommés ainsi car ils portaient une simple corde en guise de ceinture ? Si cet écusson est un réemploi, d'où provient-il ?

Deux figures, l'encadrent à droite et à gauche, celle de gauche ayant été effacée par le temps.

(source : monuments Historiques)
Par Isabelle Fernandez
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Lundi 14 juillet 2008

L'entrée vers cette grande maison sise rue de Barrouze se fait par une porte inscrite aux monuments historiques le 29 juin 1951. Les façades et toitures n'ont été inscrites à l'inventaire que le 20 mai 1964.

Cette porte -comme celle du major de La farge sur la place et biens d'autres dans salers- se distingue par un fronton triangulaire décoré de trois boules. Nous n'avons pas la certitude de la signification de ce type d'ornementation.

L'immeuble se compose de deux corps de logis rectangulaires. Le premier possède un étage au-dessus d'un rez-de-chaussée surélevé dont l'entrée se fait par une porte affichant le millésime 1666. Cette porte ouvre sur une cage d'escalier rectangulaire. L'escalier dessert l'ensemble de l'habitation. Le second corps de logis forme décrochement en retrait sur le précédent au nord, et retour sur ce dernier au sud. Haut de deux étages, il est accosté au nord-ouest d'une tour circulaire. Cette façade occidentale est précédée d'une terrasse dont le mur de soutènement avait un rôle défensif. Ce mur est précédé d'une seconde terrasse en contre-bas, elle-même posée sur un premier mur de soutien. 

Actuellement, cette grande bâtisse abrite un hôtel.

Le prochain article sera consacré à la famille Pons de la Bastide.

Par Isabelle Fernandez
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Lundi 30 juin 2008

L'église de Salers regorge de tableaux. Nous avons déjà évoqué celui du "vœu de la ville de Salers" (cf article du 3 janvier 2008) sis dans la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, relatant un épisode de l'histoire de la ville.

Nous allons en présenter quelques autres, sans être exhaustifs.

Dans la chapelle Saint-Eloi est accroché le tableau "la visitation" signé par Brossard (de la ville de Tulle) en 1634.  Et une "Mise au tombeau" du XVIIème siècle, peinte par Falcimagne le Lombard. Le premier a été classé et protégé en 1993 par les monuments historiques.

Les autres tableaux versés aux monuments historiques (1993) sont "l'adoration des bergers" (dans la chapelle du Sacré-Coeur de Jésus) et "la descente de croix", 1656. Les deux toiles étaient autrefois attribuées à Ribéra, mais "l'Adoration des bergers", serait l'oeuvre de Guy François l'Anicien (1578-1650), un peintre auvergnat.

Dans la chapelle de Saint-Joseph se trouve sur le retable, le tableau de la "bonne mort".

Dans la chapelle Lizet se trouvent les fonds baptismaux, cette chapelle sert de réserve à bien d'autres tableaux qui sont temporairement à l'abri du regard des visiteurs.

Par Isabelle Fernandez
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