Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Societé Historique du Pays de Salers (SHPS)

Poulet le trappeur (1)

17 Octobre 2010, 23:00pm

Publié par Société Historique du Pays de Salers

Il s'appelait TAILHE, mais on ne le connaissait guère que sous le nom de Poulet, ou de Toinilhou de la Poulette, en sa qualité de mari de la Poulette. Fontangeoune d'origine. Ménage sans enfants, ils habitaient dans la maisonnette vis à vis des Avinogues, dont la minuscule terrasse donne sur la fontaine de Barrouze.

 

Fontaine de Barrouze

 

Courte et trappue, le visage renfrogné, taciturne, la Poulette était une fort brave femme, laborieuse comme une abeille et n'aimant pas s'immiscer dans les commérages et joutes oratoires du quartier.

 

Bel homme à la moustache brune conquérante, d'humeur joviale, insouciant, Poulet avait le geste large, la voix prenante et disposait d'un vocabulaire particulièrement abondant et imagé, digne d'un camelot ou d'un marchand forain. (...)

 

Il avait servi trois ans à Saint-Etienne, au 30ème dragons. Bon cavalier, ayant une certaine instruction, il entra dans la gendarmerie à cheval. (...)

 

Ce couple était familier aux enfants du quartier. A l'époque M MEYDIEU, agent-voyer, qui habitait dans la maison de la Poulette, et était un violoniste remarquable, nous attirait sous ses fenêtres par sa belle musique. Un jeune brigadier de l'ancienne gendarmerie, doué d'une voix magnifique lui rendait souvent visite, accompagné de Lubière, contrôleur de l'enregistrement, un autre bon vivant, qui chantait également fort bien. Le soir, ils tenaient de petits concerts dont le morceau de résistance était la chanson des gendarmes, chantée par le brigadier, Lubière reprenant au refrain, de sa voix de ténor : Brigadier, vous avez raison...

 

Lorsque Poulet fit ses débuts dans la maréchaussée, tout alla pour le mieux, la Poulette était fière de son mari et elle s'habitua vite à sa nouvelle existance de petite bourgeoise, s'occupant de son ménage, cultivant son jardin, et arrosant les fleurs de ses platebandes.

 

Hélas, elle n'avait pas songé à la fragilité du bonheur d'ici bas. La carrière de Poulet dans la légion ne fut qu'éphémère, à la suite de quelque peccadille, il dut rendre sa monture, son bicorne et reprendre sa place dans les 2e classe du quartier de Barrouze. L'oreille un peu basse, le ménage rentra à son port d'attache.

 

Signé : De La Martille

 

(à suivre)

 

Source : L'écho de Notre Dame de Lorette (Salers). N°11;  Août 1947.

Commenter cet article