Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Societé Historique du Pays de Salers (SHPS)

Compte-rendu de la Conférence du 3 août 2014 à Salers

30 Août 2014, 22:58pm

Publié par Société Historique du Pays de Salers

3 août1914 -3 août 2014 : Le Pays de Salers se souvient de ses Poilus.

 

 

 

 

Dans le cadre du centenaire du début de la grande guerre de 1914-1918, la Société Historique du Pays de Salers a souhaité que soit évoqué, dans le respect et la dignité, le souvenir du sacrifice des enfants de nos villages, soldats, morts pour la Patrie durant cette guerre, et dont les noms figurent sur nos monuments aux morts.
Cet hommage à nos morts a pris la forme d’une conférence de Bernard Devez, issu lui-même d’une vieille famille de Salers.
 

 

C’était à Salers, le 3 août 2014, c’est-à-dire cent ans jour pour jour après la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France.
 

 

2014-08-03-SHPS-Salers-Poilus--109-bis.JPGUne exposition d’objets d’époque (Equipements, armes, affiches, journaux etc.) permettait, en marge de la conférence, de se replonger dans le contexte de 1914 et de ce qu’était l’équipement du combattant à cette époque.

Bernard Devez, non historien de formation, mais cependant passionné de longue date par cet événement majeur du XXe siècle, se consacre notamment à la réalisation d’un inventaire descriptif et analytique de la production éditoriale de langue française traitant de près ou de loin de ce conflit, ou inspiré par celui-ci. (Actuellement, plus de 20000 ouvrages recensés, dont près de 17000 possédés et indexés en base de données.)

D’après les inscriptions figurant sur les monuments aux morts des villages de la « Codecom » (32 villages puisqu’il faut compter les communes associées, Drignac, Loupiac, Saint-Christophe, Tourniac et Saint-Rémy-de-Salers), 1182 soldats de nos communes sont tombés au champ d’honneur lors de la Première Guerre Mondiale.
2014-08-Bernard-DEVEZ-conferencier.JPGComme il n’était matériellement pas possible de retrouver cent ans après, le parcours de chacun de ces soldats, Bernard DEVEZ a  décidé de travailler sur un échantillon de 593 soldats, soit 50%, issus des douze principales communes.
Ses sources résultent principalement d’un patient travail de recherche et d’exploitation des fiches individuelles des MPLF (A partir du site « Mémoire des hommes » du Ministère de la Défense), ainsi que des historiques des principales unités ou servaient nos soldats.

Au cours d’un exposé documenté de plus de deux heures, assisté pour la projection de visuels par son collègue et ami Bernard LOGRE, (Président de l’Association « Connaissance du Val Maubuée » (Seine-et-Marne) et spécialiste de l’histoire du 276é R.I), Bernard Devez nous a fait revivre l’histoire et le parcours de ces soldats, sous plusieurs aspects.
Leur âge en 1914, les trois-quarts d’entre eux avaient moins de trente ans, 17% n’étaient pas encore majeurs en 1914 !

C’est donc bien une génération de jeunes qui est littéralement  décimée,  plongeant des familles dans le deuil et dans la misère et obérant pour longtemps la démographie locale.
Puis, il nous a rappelé que l’énorme majorité de ces soldats servaient dans l’infanterie, l’arme la plus exposée,  éprouvant les conditions de vie les plus dures, dans la boue et le danger permanent des tranchées.
Très peu de gradés parmi eux, c’était pour l’essentiel de simples soldats, des fantassins de base. Et comme les définit si justement Bernard Devez « Ils n’avaient pas, pour la plupart,  vocation à être des « héros », c’était des civils habillés en militaire, des paysans, passés en quelques jours du champ de blé au champ de bataille, des petits artisans ou commerçants, mais aussi des instituteurs, des prêtres, des clercs de notaire…. Des gens ordinaires, en somme, pas des « Rambo », ni des professionnels de la gâchette. »
Si environ un tiers d’entre eux servaient dans des régiments tenant garnison dans la région (Principalement au 139 et 339é R.i d’Aurillac, au 92 et 292é R.i de Clermont-Ferrand) les deux tiers se sont trouvés au fil de la guerre éparpillés dans 146 régiments différents, y compris des régiments coloniaux (Zouaves, tirailleurs…)
Puis, le conférencier a évoqué les dates, les circonstances et les lieux du sacrifice de nos soldats.
Les lieux ou ils sont tombés balisent la totalité du front Occidental, de la frontière Suisse à la mer du Nord, et 10% d’entre eux sont tombés sur des fronts extérieurs : A Gallipoli, en Grèce, en Serbie, en Albanie, en Italie, et plusieurs sont morts prisonniers en Allemagne…
 

 

1914 est sans conteste la période de la guerre plus meurtrière pour nos soldats, car, sur 5 mois seulement, on dénombre près du quart (23%) du total de nos soldats tués. Une véritable hécatombe.
1915 et ses offensives de « grignotage » représente 21% de nos morts.
1916, année de Verdun et de la Somme, plus du quart. (26%)
L’année 1917 est relativement la moins meurtrière pour nos poilus, avec 11%. (Les principaux régiments ou servaient nos poilus n’ayant pas pris part à l’offensive meurtrière du Chemin des Dames)
Enfin, 1918 verra encore tomber près d’un cinquième de nos poilus, (19%) du fait des offensives Allemandes du printemps, puis de la reprise de la guerre de mouvement, jusqu'à l’armistice du 11 novembre…

Lorsque l’on sait que pour un soldat tué il faut compter 4 à 5 blessés, tous ceux qui revinrent avec des blessures de guerre, des amputations, des « gueules cassées » mais aussi tous ceux qui furent commotionnés à vie et qui furent internés, incapables de reprendre une « vie normale », cette guerre aura décimé au total bien plus que les centaines de noms qui figurent sur nos monuments aux morts.

Notons enfin qu’une des difficultés de la recherche de Bernard Devez a tenu à la vétusté et au manque d’entretien de certains de nos Monuments communaux, rendant parfois difficile la lecture des noms, voire la rendant  impossible.
 Il serait bon qu’au nom du souvenir du sacrifice de ces hommes, enfants de nos villages, la commémoration du centenaire puisse inspirer nos élus, afin qu’ils prennent les mesures permettant d’assurer la pérennité et la restauration de ces monuments du souvenir, qui font aussi partie de notre histoire et de notre patrimoine collectif, avec en perspective, la commémoration du centenaire de la fin de la guerre … en Novembre 2018.

La conférence s’est conclue par une minute de silence en mémoire de tous ceux qui ont souffert de ce conflit. Ce fût l’occasion pour tous les participants du souvenir, du recueillement et du respect pour tous ces enfants du Pays morts pour que vive la France.

2014-08-Cedric-Tartaud-Gineste--Bruno-Faure--Gerard-Miram.JPGLa SHPS souhaite remercier la présence de Bruno FAURE, Président de la CODECOM et représentant le Conseil général du Cantal,   Jean-Louis FAURE, maire de Salers et Gérard MIRAMOND, conseiller municipal d'Alfortville (94) pour leur présence et leur confiance envers l’action que nous menons pour la valorisation des patrimoines de notre territoire depuis sept ans désormais.

La SHPS souhaite également remercier l’ensemble des personnes pour le prêt des objets contemporains de la Grande Guerre, l’association fondée par les descendants de Maurice GENEVOIX « Je me souviens de ceux de 14 », la librairie Valdemarnaise « Le Pélican Noir » dirigée par notre ami Alexis CHEVALIER ainsi que les particuliers, adhérents ou non de notre association.(Notamment Nicolas Devez, petit-fils de notre conférencier) L’exposition éphémère a rappelé à tous, les conditions de vie de nos soldats durant cette guerre.

Le résumé de l’intervention de Bernard DEVEZ peut-être demandé par courriel. Le conférencier a souhaité rendre public son travail, pour  que personne n’oublie à quel prix nous avons payé notre liberté et combien cette dernière reste fragile, en ces temps de doutes sur l’avenir de l’Europe, qui nous a apporté la Paix depuis 70 ans.


http://histoire-de-salers.over-blog.com - contact.shps@gmail.com


Commenter cet article

PICOT Françoise 31/08/2014 09:46

Encore BRAVO pour cette expo à laquelle malheureusement je n'ai pas pu assister.
Merci Cédric de m'envoyer une copie de l'exposé par mail + les photos ou documents qui peuvent concerner les villages de la vallée du Mars. Le prochain bulletin "la vallée du Mars au fil du temps"
sera un spécial centenaire 14-18".
Je dois aller aux archives mi septembre pour consulter des documents (réfugiés, prisonniers...). Merci encore pour votre collaboration.