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La Societé Historique du Pays de Salers (SHPS)

Compte Rendu conférence du 29 août 2010

3 Octobre 2010, 23:00pm

Publié par Société Historique du Pays de Salers

29_08_2010 Conf SURMELY 1

Le 29 août 2010, Frédéric SURMELY est venu nous présenter, à la salle des fêtes de Salers, pendant plus de deux heures, l’histoire du peuplement du massif cantalien, tout en y intégrant le résultat de ses dernières fouilles. Tout commence il y a environ 15 000 ans, grâce au radoucissement du climat, qui a rendu la montagne attractive pour l'homme. Les plus vieilles traces de la présence humaine dans les monts du Cantal datent de la fin de l’époque magdalénienne.

 

Il s'agissait de campements fréquentés de façon brève par de petits groupes humains très mobiles, dans le cadre de circuits plus vastes. La moyenne montagne cantalienne offrait  une très grande variété de ressources potentielles. Les individus se rendaient sur ce territoire probablement de manière saisonnière, avec une alternance de séjours en plaine et en montagne. Il a été prouvé que les hommes ont abondamment utilisé les silex du bassin d'Aurillac / Mur-de-Barrez et du bassin du Malzieu. Les populations magdaléniennes du versant oriental utilisaient un silex gris translucide, dont l'origine est à chercher dans les formations marines du crétacé supérieur du Berry. Le mode d'acquisition de ce silex reste à déterminer (acheminement direct au cours de grandes migrations, ou bien échanges entre populations voisines ?).

 29_08_2010 Conf SURMELY 18

L'important gisement mésolithique des Baraquettes (Velzic) révèle une fréquentation régulière du site, entre 9000 et 7000 ans avant notre ère, avec une importante activité de chasse. Des ossements d’animaux y ont été retrouvés : sanglier, cerf, chamois, bouquetin, ours brun, loutre, chat sauvage. Ce qui est un témoignage de l’exploitation de territoires variés. On y a dénombré près de 600 pointes, dont des flèches barbelées (une pointe qui sert à rentrer dans la peau de l’animal –ou de la personne ?- chassé(e) et des barbelures latérales pour que la flèche ne ressorte pas).

Les petites pointes du mésolithique étaient probablement enduites de poison. Il n’y a pas de preuves mais dans des environnements similaires les hommes ont utilisé le poison. Dans le Cantal, on rencontre de l’aconit napel ou « casque de Jupiter » ; extrêmement toxique, 2 grammes de racine en ingestion orale ou inoculation cutanée provoquent une mort immédiate. Le vérartre blanc, faux ami de la gentiane jaune, est toxique pour le bétail et l’homme. Selon les doses, ces poisons pouvaient aussi être des médicaments ou des drogues. On peut supposer que les gens allaient dans les montagnes pour ramasser ces plantes et en profitaient pour tuer quelques animaux. Ils connaissaient merveilleusement bien leur milieu.

 

Puis, vint l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, le plus vieux gisement de cette nouvelle économie est sis à Lacapelle-Barrès ; où ont été retrouvés dans une tourbière des pollens de céréales du même âge que les silex mis au jour dans le campement. C’est un gisement du début du néolithique, avec présence d’outillage en silex, agriculture et élevage apparaissent mais la chasse subsiste encore (présence de flèches tranchantes). On a à cet endroit une tourbière qui est un conservateur de l’évolution du climat, chacune de ses couches représente une époque, les pollens restent. Une carotte dans une tourbière donne toute l’histoire de la végétation depuis 15 000 ans. A l’époque de ce gisement, la présence de pollens de céréales prouve qu’ils en cultivaient, les terrains étaient fertiles. 

 

Plus tard, apparait la céramique. Sédentarisation ne signifiait pas autarcie, les gens pouvaient parcourir 400 à 600 km.

Au fil du temps, les pointes de flèches changent de forme, et leur qualité évolue aussi.

 

M Surmely a  aussi mentionné l’importance du phénomène mégalithique dans le Cantal, dont une grande concentration existe autour de St Flour. 29_08_2010 Conf SURMELY 6

 

A la fin du néolithique on trouve des mégalithes, qui sont des ossuaires, avec une dalle de couverture et 3 ou 4 pierres de support. Leur construction ne posait pas de problème grâce à l’adage « l’union fait la force » les blocs pouvaient être déplacés sur des rouleaux et tirés avec des cordes ; pour dresser un bloc, il fallait faire une rampe et creuser un trou pour faire tomber la pierre à l’intérieur. Les dolmens étaient des tombeaux où seule une élite avait l’honneur d’y être ensevelie. Les tumulis marquaient le territoire de la communauté, on recherchait donc avant tout la visibilité. 29_08_2010 Conf SURMELY 7Chaque dolmen se trouve dans une zone visible propre, il marque un territoire. Et ces territoires ne se recoupent pas. Chaque population a un dolmen matérialisé, son monument spectaculaire, symbolique. Quant aux menhirs, il est souvent difficile d’évaluer leur époque et de les distinguer d’une pierre levée plus tard pour délimiter une parcelle. Les recherches effectuées sur les menhirs, montrent qu’ils sont bien postérieurs à ce que l’on croyait. Pour trouver la date des pierres plates d’Anglards de Salers, il faudrait faire un sondage à leur base et trouver des vestiges significatifs.

 

L’âge des métaux (cuivre, bronze) se manifeste dans le Cantal par des tumulis (masses de pierre et de terre), dans lesquels sont ensevelis des corps incinérés et de très beaux objets : colliers, ambre, feuille d’or,… On en compte des milliers dans le Cantal. Malheureusement sur 15 tertres ouverts par l’équipe de Frédéric SURMELY, tous n’étaient que des tas de pierre. On compte 98% de tas d’épierrement, sans aucune sépulture.

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Frédéric SURMELY et ses collègues fouillent depuis 10 ans à Pailherols, dans la moyenne montagne, qui bénéficie d’un environnement encore intact. S’y trouvent par milliers des traces anciennes de constructions et de proto-burons. Il nous a présenté la photo aérienne d’un enclos d’époque romaine. A Trizac, le village déserté de Cotteughes, date lui de l’époque médiévale.

Les maisons étaient creusées et la terre rejetée vers l’extérieur derrière des murs de pierre. Il y avait là tout un village composé de maisons, granges, champs, jardins, …

 

Dans le secteur de Pailherols, on peut survoler des restes de fermes isolées. L’une d’elle dont on nous montre la photo possède un couloir d’accès de 7 m de long. Un de ces proto-burons de Saint-Clément fait l’objet d’une thèse.

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Voilà de façon très résumée le contenu de la conférence, pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur le lien =  link

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