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La Societé Historique du Pays de Salers (SHPS)

Les grands jours d'Auvergne

10 Mai 2009, 23:00pm

Publié par Société Historique du Pays de Salers

Les grands jours étaient des tribunaux exceptionnels qui jugaient en dernier ressort les affaires qui localement avaient donné lieu à des décisions contestables ou été soustraites à la justice. Présidés par un Commissaire du roi et composés de magistrats professionnels mais étrangers à la province, ils devaient ramener l'ordre et la paix civile.


Ils eurent lieu à Clermont du 28 septembre 1665 au 30 janvier pour réprimer les abus commis par une partie de la noblesse de la province, pour « tirer les peuples de l'oppression des puissants » selon les mots du procureur général Denis Talon. Il y eut près de 12 000 plaintes.

Sur plus de 1360 affaires, il y eut 692 condamnations prononcées, dont 87 concernaient des nobles, et 347 exécutions capitales, dont beaucoup en effigie.

Un livre relate ces jugements : Esprit Fléchier "Mémoires sur les Grands jours d'Auvergne tenus à Clermont en 1665", Paris, Mercure de France.

 

Le Marquis de SALERS fut condamné à mort pour assassinat.

"Après le jugement de M. de Lévy, on examina l'affaire de M. le marquis de Salers, qui étoit une des plus noires qu'on ait vues pendant les Grands-Jours. C'est un homme de qualité, d'esprit, quelques-uns disent même de probité, lorsqu'il agit par son inclination et par ses conseils, et-non pas par ceux de sa femme. Il avoit un ennemi dont, il pouvoit se plaindre avec justice, s'il n'eût mieux aimé. se venger par violence. Sa passion, enflammée par des sollicitations puissantes sur son esprit, et peut-être par son esprit même, le poussa d'assembler quelques-uns de ses amis et quelques personnes d'expédition, et à faire voir qu'il ne souffroit pas une injure: Il attaqua celui qu'il cherchent qui s'étoit réfugié dans sa maison où il étoit retiré, et trouvant trop de résistance et trop de difficulté à forcer les portes, il fit monter ses gens au plus haut de la maison, fit découvrir le toit, et entrer dans la chambre où, ayant trouvé ce misérable, il l'avertit qu'il falloit se disposer à mourir. Quelques-uns disent qu'il fit appeler un prêtre et qu'il lui donna le temps de se confesser les autres assurent qu'il n'eut pas la patience d'attendre. Quoi qu'il en soit, ils le percèrent de cent coups, lui crevèrent les yeux et se retirèrent avec un peu de satisfaction de s'être vengés, et avec beaucoup de remords d'avoir fait un crime. Au premier bruit des Grands Jours, ce gentilhomme se retira comme tous les autres coupables, et il a été.condamné sur la fin, par contumace, à avoir, le col coupé, à une forte amende et au rasement de sa maison."

 

Cette affaire fut jugée le 21 janvier 1666.

 

La victime se nommait Antoine de Serviens, d'après Dongois.

Et le château de Salers fut rasé...

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Cédric Tartaud-Gineste 12/05/2009 15:27

Que voilà un article attendu essentiel tellement il suscite l'interrogation sur la configuration du Château. Même JL Goldsmith n'a qu'une description globale et nous n'avons aucun tableau, si ce n'est le vœu de ville dans l'église Saint-Matthieu qui évoque une ville fortifiée en arrière-plan...