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La Societé Historique du Pays de Salers (SHPS)

Complément sur l'église Saint-Matthieu

23 Juin 2008, 00:18am

Publié par Cédric Tartaud-Gineste, conseiller municipal délégué au patrimoine

L'église Saint-Matthieu de Salers demeure une source de mystère sur de nombreux points...

Dans un premier temps, l'érection en tant que paroisse n'est pas figée, nul ne sachant s'il faut privilégier la paroisse de Saint-Bonnet ou celle de Saint-Paul (dont les saints patrons paroissiaux ont donné leur nom à leurs communes respectives) comme paroisse mère; le cartulaire du monastère de Mauriac (dont on sait qu'il est un faux du XIIè siècle que l'on a voulu faire passer pour un document du VIIIè siècle) mentionne l'existence de Saint-Bonnet et Saint-Paul comme paroisse mais pas Salers.... de surcroit Saint-Matthieu n'est pas par tradition le saint que, spontanément, l'Eglise, au cours de ses réformes, conciliaires ou paroissiales, a valorisé.

Donc, une certitude, l'église de Salers est rebâtie en dur au XVIème siècle, et sa clé de voûte fixe l'an 1547, avec l'avènement attesté d'un "curé" ... donc d'une paroisse. Sans s'obséder sur cette mention, le pouvoir ecclésial de Salers est d'une grande influence, grâce à sa communauté de Prêtres-Filleuls d'une part et surtout grâce à ses Luminiers, notables de Salers détenant le droit de lumières publiques et réel pouvoir municipal en marge du pouvoir seigneurial.

Certains éléments méritent d'être salués, notamment la fameuse Pietà, retirée de sa niche Place Maigne pour être déposée dans une des chapelles septentrionales de la paroisse sur une colonne, il est actuellement question qu'une copie puisse être à nouveau disposée à l'extérieur.

Les tapisseries disposées de part et d'autres, signées d'Aubusson, sont dans un état de délabrement avancé. L'une des plus notables est celle présentant Saint-Ignace, entouré de Saint-François Xavier, il s'agit du Serment de Montmartre qui scelle la naissance de la Compagnie de Jésus. Dans les années 70, les historiens de la Revue de Haute-Auvergne ont émis l'idée de l'origine de ces tapisseries, comme venant du collège jésuite de Mauriac (actuel Lycée Marmontel)... cette hypothèse est crédible dans la mesure où en 1763, les Jésuites n'ont du quitter les lieux sans protéger quelques biens (livres, tapisseries, linges et trésor liturgique, ... ).

Enfin une particularité architecturale demeure la porte latérale disposée entre la mise au tombeau et le voeu de ville. Cette porte, arborant comme tympan une poignée de mains, est le seul vestige du couvent des franciscains récollets de Barrouze, la volonté de l'abbé Cheyrier fut de sauver ce dernier vestige en l'important dans la paroisse même.

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